Browsing the blog archives for November, 2011.

Naissance d’une caisse d’épargne solidaire

Microfinance

Le carnet de comptes, sur lequel est noté l’apport en capital de chaque membre. (MG/Le Monde.fr)

“Antonia, tu mets combien ?
– Je vais mettre 20 euros.
– D’accord, alors je note, ‘Antonia Avalos Torres, 20 euros’. Et maintenant, tu signes le registre. Alfonso, combien mets-tu ?
– 50 euros.
– 50 euros ? Eh bien, tu es riche ! Mais moi aussi je crois que je vais déposer 50 euros.”

Bienvenue au lancement de la première CAF (communauté auto-financée) de Séville. Avec pour simples outils une caisse métallique et un registre, sept femmes et un homme, tous amis, réinventent le principe historique des banques de village : mettre de l’argent de côté, s’en prêter, à des conditions claires, définies en amont et en commun.

Alfonso Mariscal Copano, le banquier et seul membre masculin de la CAF. (MG/Le Monde.fr)

Le local associatif qui les accueille à Mairena de Aljarrafe, village de la banlieue de Séville, est celui de la Fondation Ana Bella, une association locale qui lutte contre les violences domestiques et par laquelle se sont connues les sept femmes du groupe. Toutes ont fui un mari violent et sont restées unies par leur passé douloureux. Ces femmes dynamiques, qui ont payé cher leur indépendance, essayent aujourd’hui d’imaginer leur équilibre économique de demain. Alfonso Mariscal Copano est lui un ami de longue date. Il travaille dans une banque… ce qui a certainement rassuré ce groupe très féminin, et contribué à son inclusion comme membre.

Antonia Avalos Torres a quitté son village du Guanajuato au Mexique il y a quatre ans, pour fuir un mari violent. (Mathilde Gérard/Le Monde.fr)

“Jamais dans ma vie je n’avais mis d’argent de côté. D’abord parce que je n’en ai jamais eu, et ensuite parce que je n’avais pas confiance. Avec mon banquier, on ne s’est jamais entendus”, explique en riant Antonia Avalos Torres, sémillante Mexicaine qui vit depuis quatre ans à Séville, avec un garçon de 27 ans et une fille de 16 ans. Il y a quelques mois, Antonia a été invitée à Barcelone pour animer des ateliers sur les violences faites aux femmes. N’ayant pas de quoi se payer le billet d’avion, elle emprunte à une amie, mais se dit qu’il serait bien utile d’avoir de l’argent de côté pour de telles occasions. A ce moment, les membres de la fondation Ana Bella entendent parler des CAF. Ces caisses auto-financées se sont multipliées ces dernières années à Barcelone et à Madrid sous l’impulsion de Jean-Claude Rodriguez, professeur d’économie à l’université Ramon Llull de Barcelone et militant d’une micro-finance responsable (voir le site de son association). Les dynamiques femmes de Séville contactent Jean-Claude Rodriguez et sollicitent une formation à la création d’une CAF.

Chary Claro Contreros et Antonia Avalos Torres (MG/Le Monde.fr)

Après un atelier organisé en octobre, Antonia, Chary, Gloria, Carmen, Ana, Gracia et Alfonso sont prêts à officialiser le lancement de la caisse. Les règles sont simples : “Pour la première réunion, il y a un apport minimum de 10 euros. On peut emprunter un crédit représentant jusqu’à quatre fois son apport en capital”, explique Antonia. Le montant du crédit ne peut dépasser un quart de la somme totale dont dispose la caisse. “Pour chaque crédit demandé, deux autres membres doivent se porter garants. Pendant la durée de remboursement du crédit, ils ne pourront pas emprunter.”

“Il y a un taux d’intérêt de 1,5 %, qui sert à financer la communauté, poursuit Gracia Prada. Mais si un mois on ne paye pas son échéance, le taux d’intérêt double le mois suivant. En tout, on a six mois pour rembourser son crédit.”

D’autres règles font l’objet de plus de discussions, comme celle qui oblige à assister à chaque réunion, faute de quoi une amende de 3 euros est imposée. “C’est important que tous participent aux réunions, parce qu’on n’est pas une simple banque, on est un réseau de solidarité”, souligne Antonia. Certains voudraient assouplir cette amende, mais Chary Contreros tranche : “Les statuts sont les statuts. On ne va pas faire des exceptions dès la première réunion.” Et Gracia rajoute : “Dès qu’on parle d’argent, il faut que les règles soient très claires. Donc on s’en tient aux statuts.”

Au fil de la réunion, les billets de 10 et 20 euros s’accumulent dans la caisse. (MG/Le Monde.fr)

La méthodologie des CAF est suivie à la lettre : établir la liste des membres présents, collecter les apports de chacun, évaluer les demandes éventuelles de crédit (lors de cette première réunion, il n’y en aura pas), signer le livre de comptes… Chacun s’émerveille de l’accumulation des billets de 10 et 20 euros dans la caisse, qui compte, à la fin de la séance, 170 euros. La date du prochain rendez-vous est fixée. Par sécurité, la caisse et la clé ne partiront pas dans les mêmes poches : Antonia garde la clé et Alfonso, le banquier, la caisse.

Sur le trajet du retour vers le centre de Séville, Antonia confie : “C’est la première fois que j’épargne et je suis vraiment émue de pouvoir le faire avec des amis de confiance.” Ses projets ? “Ça paraîtra peut-être frivole, mais je rêve d’offrir un voyage à mes enfants. Et sinon, j’aimerais pouvoir m’acheter des livres.” Sous sa gouaille et son charme, Antonia est pudique, mais on imagine que dans un passé pas si lointain, sous la poigne d’un mari violent, s’offrir un livre ou s’adonner à une lecture solitaire pouvaient passer pour de la “frivolité”. Le groupe a décidé qu’Antonia serait présidente de cette caisse. Elle en rit : “Moi qui ait toujours été fâchée avec les chiffres, imaginez, présidente d’une caisse d’épargne !”

Mathilde Gérard

Source : http://espagne.blog.lemonde.fr/2011/11/09/naissance-dune-caisse-depargne-solidaire/

Comments Off on Naissance d’une caisse d’épargne solidaire

Appui au développement de la microfinance en Tunisie

Uncategorized
Porte parole: Claude Guillemain
Publié le 12/11/11 13:14
rbe-logo2
LA MARSA (TUNISIE)— La Délégation de la Commission Européenne en Tunisie lance un appel à propositions. Le but est d’étendre la distribution de services de microfinance sur le territoire tunisien en visant plus spécifiquement les zones défavorisées.
Il est évident qu’une action d’envergure peut couvrir l’ensemble du territoire tunisien, mais elle sera particulièrement analysée selon l’impact qu’elle peut avoir sur le développement des schémas de microfinance dans les zones défavorisées.
Toute action qui renforce dans ces régions l’inclusion financière et qui permet d’assurer un continuum dans la prestation des services financiers, pourra être considérée comme une réponse possible aux priorités de l’appel. Elle doit idéalement se positionner entre d’une part un appui à l’insertion professionnelle des jeunes (priorité pour les sans emploi en particulier les diplômés des deux sexes, issus de l’enseignement supérieur et de la formation professionnelle) et d’autre part une contribution à la préparation des micro-entrepreneurs (plus particulièrement dans des secteurs d’activités touchés tant par les conséquences économiques de la révolution que par des conditions d’exercices difficiles par nature) et doit favoriser un possible recours ultérieur aux services bancaires traditionnels.
Dans tous les cas, l’appui des Bretons est recherché pour :
1) mobiliser des ressources bretonnes d’expertise en formation et coaching
2) former les candidats entrepreneurs
3) assister le chef de projet (Claude Guillemain) dans la rédaction de la réponse à cet appel à propositions.
Toute suggestion et/ou appui est bienvenu.
Bien cordialement
Claude Guillemain
Réseau des Bretons de l’Étranger – RBE –
32, rue du Maroc
2070 LA MARSA
Tunisie
Tel : + 216 71 982 304
GSM : + 216 21 83 53 59
rbe.international@gmail.com
Skype: klaodgillamaen ■
Le RBE, installé en Tunisie, met en place un concept de réseau d’entreprises françaises et bretonnes en Tunisie, avec l’objectif de créer de nouvelles TPE Tunisiennes, créer des marques (nom, logo, concept), et appuyer ces entreprises par la microfinance. Notre but est de porter, sous le même nom, plusieurs entreprises se référant à la même enseigne, fonctionnant “en grappes” et engendrant entre autre des économies de communication. Nous avons également créé le Club de Microfinance de La Marsa.

Comments Off on Appui au développement de la microfinance en Tunisie

Des milliers d’Américains ferment leur compte bancaire en signe de protestation

Microfinance

Des milliers d’Américains se sont engagés à fermer samedi leur compte bancaire et à transférer leur argent vers des coopératives de crédit comme les “Credit unions”, des organisations populaires à but non-lucratif, dans le cadre de la “Journée du changement de banque”, en guise de protestation contre le système bancaire américain.

Plus de 84 000 personnes ont adhéré à l’évènement sur Facebook, et des participants se sont rassemblés partout à travers les Etats-Unis pour célébrer en masse leur adieu aux grandes corporations bancaires.

Beaucoup d’Américains ont récemment exprimé leur frustration vis-à-vis des pratiques des grandes banques du pays, qui, après avoir reçu de substantielles sommes de la part des contribuables américains pour échapper à la faillite, continuent pourtant à imposer des frais de transaction que certains clients jugent trop élevés.

“J’en avais assez : assez de l’augmentation des frais, assez de ne pas pouvoir accéder à mon argent quand j’en avais besoin, assez de les voir utiliser le peu d’argent que j’ai pour opprimer mes frères et sœurs”, a déclaré Kristen Christian, la jeune femme à l’origine de cette initiative.

Voir en ligne : La suite de l’article en cliquant ici…

Comments Off on Des milliers d’Américains ferment leur compte bancaire en signe de protestation
« Older Posts